Qui vole une tranche de jambon…
Je pense ne surprendre personne en annonçant que Sushi est complètement siphonnée. Après tout, c’est comme ça qu’on l’aime. Ou qu’on la supporte, en fonction des jours et des conneries.
Sushi est une passionnée. Quand elle aime quelque chose, ce n’est pas à moitié. Elle aime manger les guppys (50 en une semaine, belle perf’ !), elle aime son hamac, elle aime que Grenouille lui lèche l’intérieur de l’oreille gauche, elle aime monter dans la cage d’escalier de l’immeuble, câliner des olives pimentées, lécher la chantilly, rogner les os de côte de porc après les avoir claqués sur les montants de porte ou frottés sur la moquette et voler le jambon. Même qu’elle a appris à ouvrir le frigo !
Bon, d’accord, ça c’était pour voler les olives. Sauf que du coup, dès que j’entame un paquet de jambon, c’est la guerre. A peine si je ne dois pas mettre le vaisselier normand de la grand-tante Ursule devant la porte du frigo pour empêcher mon puma nain d’y accéder.
Parfois même, je me demande si ce n’est pas devenu un jeu elle : Faire preuve d’imagination et d’audace pour voler le jambon. Là où ça commence à devenir inquiétant, c’est que pour elle, « tout morceau de jambon doit être volé ! » C’est obsessionnel. Et samedi, au menu, c’était omelette au jambon…
Grenouille est un nain de cuisine. Dès qu’on prépare à manger, il s’installe sur le tabouret devant la fenêtre et regarde tout nos moindres faits et gestes en ronflant éveillé (sisi). Il est tellement mignon quand il fait ça ! Evidemment, tout ça n’est pas sans arrière pensée car qui dit chat tout mignon gentil, dit chat qui obtient tout ce qu’il veut.
Mais Grenouille a un côté galant con. Ce qu’il grappille ici et là, à part les câlins pour lesquels il est très égoïste, il le garde pour son infâme femelle.
(Là je me rends compte que je vous écrit un roman pour une petite anecdote féline qui a duré 5 secondes… Promis, j’abrège…)
Samedi donc, alors que je préparais mon omelette, je jetais l’air de rien des petits morceaux de jambon dans la gamelle des chats. Comme d’hab, satisfait de son travail (récolter de la nourriture pour sa Belle) Grenouille est parti en laissant le champ libre à Sushi. Et là, le choc ! Du jambon ! Du vrai jambon à voler !
Complètement folle qu’elle est devenue la Sushi ! Mode prédateur qu’elle était la Sushi ! Mode furtif ! Mode « chat super méga intelligent qui va te feinter comme une pleupleu » ! Mode Arsène Félupin ! Mode chat de course plus rapide que l’éclair ! Mode… Ouais, ok, j’arrête. En bref, Sushi en mode disjonctée qui se fait un film. Et je peux vous dire qu’il était rudement trépidant ce film là. Bruce Willis peut aller se rhabiller ! (Si maman, il doit se rhabiller !)
Mise en place du décor : 1 Sushi, 1 morceau de jambon « à voler » dans la gamelle des chats, 2 témoins humains.
Sushi n’agit jamais sans élaborer un plan. Elle prend tout en considération, simule des tentatives (d’où ses acrobaties dans le vide) calcule les chances de réussites, attend le bon moment… Et le bon moment, c’était celui où j’allais lui tourner le dos pour aller me faire cuire un oeuf battu (Suzy 1-0 Oeuf). Bon, là où j’ai été très con, c’est que je trainais encore à pieds nus. Mais passons.
1 – Chopper le morceau de jambon au vol.
2- Faire demi tour, courir, traverser la cuisine.
3- Je ne sais pas car le plan a échoué au 2.
Mauvais timing ou mauvais calcul du virage, alors que mon pied gauche entamait son avancée vers la plaque de cuisson, Joe « Sushi » Dalton tentait de quitter sa planque pour sortir de la cuisine avec son butin, se prit de plein fouet un coup de pied dans son (très) large popotin, lâcha le bout de viande (pour nier l’avoir voler sans doute, si jamais la police venait à l’interroger) et planta ses griffes dans mon pied nu. Pauvre pied qui d’ailleurs, une fois lâché par le puma, se posa délicatement et ensanglanté sur le fameux morceau de jambon.
Que vouliez vous que je fasse ? Que je l’engueule ? De quoi ? D’avoir volé ce que je lui avais donné ? Au pire, de courir dans la maison. Mais à quoi bon ? Peut être que dans son imagination, elle était dans les rues de Moscou avec le KGB au cul, dirigés par un Alf affamé !
2 heures plus tard, après de nombreuses tentatives ratées, je l’ai aperçue courant à vive allure dans le couloir tenant le jambon du bout des crocs, le perdant à chaque virage, s’en rendant compte 3 pas plus loin, l’obligeant à faire demi-tour pour le récupérer et continuer sa course…
Je crois que pour un malheureux petit morceau de jambon, ça lui a pris 4h !

Et pendant ce temps, Grenouille la regardait amoureusement. Quel con…










